Avec ou sans bagages.

Croquer les épaules de l'orage.

15 janvier 2009

You're like a Vampire & I'm like a Lemon.

Freedom_is_not_a_crime

La question qui se pose c'est, est-ce qu'on aime ce qui nous fascine ou bien est-ce qu'on est simplement fascinés par ce qu'on aime? Le nombrilisme ne quitte personne, surtout pas moi, mais j'en viendrais à bout. La verité c'est qu'on a pas assez fréquenté l'infréquentable, on a pas tout vécu, on a même pas connu la rue, ou si peu. J'ai aucune solution à proposer, si ça n'est de prendre un chemin qui n'existe pas et qui s'appelerait Alternative. Toutes les rues que j'arpente sont drapés par le filet translucide des dimensions, avez-vous déjà essayé de donner corps à une idée ? C'est impressionant de voir à quel point c'est simple, il suffit de faire dans votre imagination le calque d'un materiel quelquonque, de la mousse, de la chaire, n'importe quoi de palpable qui dans l'absolu ne le sera pas, mais qui visuellement en aura tout l'air. Tout le monde peut faire ça, et d'ailleurs tout le monde le fait sans arrêt, et sans jamais que celà n'ai la moindre conséquence. Lorsque vous imaginez quelqu'un sans ses fringues, ou lorsque vous mettez, mentalement, une claque à quelqu'un tout en lui souriant avec hypocrisie. Toutes ces images vont quelques part. Et c'est là, sans aucun doute, c'est là que tu m'attends, Magicien coup de vent.

La lumière ici est assez rouge pour m'apeser, je me fais rire toute seule quand j'y pense. Je choisis le moment le plus vide, le moment ou le monde n'a plus l'air d'exister, j'écoute les colombes qui viennent battre des ailes dans le bas de mon ventre, dans l'idéal je suis un citron et tu es un vampire, dans l'idéal je suis ta vitamine et tu m'arrache la peau. Voilà tout. Je n'en demande pas plus, j'ai été tellement bête que j'en baisserai presque la tête. Je trouve que prendre des décisions est la chose la plus excitante qu'il soit. L'instant d'avant vous n'êtes rien d'autre que cette masse organique qui se traine dans les escaliers, et puis sans qu'il ne se soit rien passé en apparence, vous devenez quelqu'un qui a des objectifs et une toute nouvelle force vient remplir vos poumons. C'est fascinant parce que l'adrénaline que ça provoque vient de vous même, et l'espace d'une seconde vous avez l'impression de n'avoir besoin de personne. Je me sens leger comme un albatros depuis que j'ai décidé de partir quelques jours en tendant le pouce sur la route. J'irais voir le Cow-Boy à la Cale, je me leverai avec le soleil, je rencontrerais des sympas, des connards, j'irais me faire tatouer par la liberté en personne et quand je serais assez fatiguée pour râler en continu, je rentrerais à la maison. Vous voulez une vraie définition de la chance ? C'est quatre murs qu'on rêve de casser et qui tiennent chaud.

Je fais la guerre à la littérature, j'écris des choses qui ne se disent pas, et j'attends sagement qu'on me note. Les gonzesses mettent des jupes, les garçons fument sans filtre. Je dessine des bites sur les cours de Verlaine et je lui dis qu'être jeune c'est le plus beau truc qui puisse nous arriver. J'ai pas arreté de fumer, et je prends toujours des petits cachets anti-douleurs à base d'opium, c'est mal mais j'en ai relativement rien à foutre, Keeps a raison. L'etourdissement c'est nous. J'aimerais des fois que Dieu existe pour pouvoir remercier quelqu'un, parce que j'ai vraiment trouvé la meilleure bande de tout l'univers, parce qu'il y a tous ces trucs qui me passionent et font battre ma théière plus vite que le space-mountain et le train de la mine réunis. Je lève les yeux au ciel et mon écharpe étouffe l'éclat d'un rire qui s'adresse à personne.

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13 janvier 2009

[ Du verbe, à l'arrache. ]

Boys_and_girls

Je m'en vais. Le simple fait d'y penser me fout de l'air neuf dans la gorge. Je vais prendre mon sac à dos, dedans je vais mettre du papier, des crayons. Un couteau, trois culottes, une lampe torche, de la musique, Sartre et Edgar. Je m'en vais, ça ne sera pas long, mais ça suffira pour calmer mes étoiles. Mon duvet, des routes à prendre, être seule pour une fois, tendre le pouce, l'oreille, la main et tout le reste, me tendre, entierement au monde, juste le temps de saluer le vent, les rues. Je tiendrais pas trois ans ici sans me faire de surprises, alors je me dis pois-chiche à moi-même. Voilà. Chiche.

Le soleil, c'est fini. La pluie fine et grasse est de retour, le ciel gris qui sourie, j'ai plus qu'un sac à dos dans la théière. Bonjour, j'ai décidé de m'exister, c'est un jeu qui m'amuse. Avec la Bird on va dans les cafés et on tire les salières. Sales gosses. Avec Perrine et Keeps, on mange des petites couronnes, et c'est Soom qu'a la fêve, forcément. Rien ne va plus, j'écoute du rap, c'est parce que j'me barre, t'as vu. Les partiels j'y vais nonchalament et plutôt l'air de rien, parce que moi j'aime rien, même pas les copains. Je fais des parties de tir à la carabine avec mes yeux quand je croise les étudiants, poil aux dents. La fac a pas perdu sa bonne humeur ni ses branleurs en master, et le manège tourne.

Je m'en vais c'est pour fuir la guerre. Je m'en vais à cause du dimanche, de la télévision, et de Gaza. Juste parce que, ça peut pas durer. Quand je me couche et qu'il fait froid, je m'enroule dans moi-même et j'y reste, je pense une fois au monde, une fois à la route, une fois à toi, deux parfois. Et doucement je m'en vais, m'attérir sur des plages ou les bombes viennent se meler aux confettis du carnaval de mes cauchemars. Mais cette fois, ça sera sans les yeux.

Vous savez quoi? Depuis plus d'une semaine j'ai desactivé la visibilité de mes commentaires sans le vouloir, et ça fait donc une semaine que je me lamente, vexée de ne plus être lue, et là je viens seulement de comprendre. Stupides farceurs. Je suis quand même vachement fière d'avoir un commentaire de Mme Balland, putain. Et tant qu'on est dans le superficiel, j'ai un nouveau fute. Vous pouvez reprendre une activité passionante.

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10 janvier 2009

Deux thés dans un prénom.

Bad_things_with_you

Yves Jamait : Jean-Louis.

Se lever tôt pour se renaître, faire marcher cette histoire de rythme et laisser l'engrenage s'activer dans la gorge. Hoffman affirme qu'on passe sa vie à attendre le rendez-vous avec soi-même, Edgar Poe le démontre par corbeau + portrait, c'est pas du fantastique même si ça y ressemble, c'est la vie dans sa forme la plus inexplicable. En ouvrant les yeux au réveil, j'ai vu des formes étranges, des couleurs éclatées, j'ai dis ça me convient, et maintenant, j'appuie sur reset.

Tout me vexe et m'insurge, j'ai mille nombrils, j'avance moins vite que je ne déçois, régulièrement je m'en branle, j'y crois, je parasite et psychopate, je le suis la Trouille et le Départ. Le mot de trop c'est moi dans toutes mes phrases, il faudrait partir loin et voir les choses d'en haut, il faudrait devenir grain de sable au royaume des châteaux. Devenir de marbre. Devenir de l'eau. J'accepte mes torts au prochain tour, une belle image c'est par exemple des amis qui se retrouvent, et J. Valois qui dit. Y'a d'l'a joie. Sans rancune les gars. Il y a les gens qui dorment sous les cartons d'un couple qui vient d'emménager, leurs couette c'est l'emballage de la télé. Il y a le soleil qui se rapproche de la Terre, ou bien le contraire, et y'a le président qui se laisse ronger pourriture, fruit trop mûr, le pouvoir et la démesure. Sans rancune, les gars, y'a une fillette qui cherche sa mère en enfer, y'a les papas et les mamans qui vont au cinéma, y'a ceux qui voudrait voir la mer et ceux qui ne voient pas. Sans rancune.

Il y a, sur la table de nuit un carré de lumière qu'on peut regarder pendant trés longtemps avant de s'ennuyer. Il y a, dans mon lit des monstres souvenirs, qui viennent me mordre pour me faire rire. Au dessus de nos têtes il y a les orages à venir, et les journées d'été, cette envie de partir qui n'attend que de choire, sur ma gueule ou la tienne. Il y a un chat noir et un chat blanc dans tous les regards que je croise. Il y a toujours une dent sous l'oreiller framboise.


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06 janvier 2009

La faim du monde.

Blackman_in_Petit_Que


On ne m'avait pas dit que ce truc amputait, qu'on en sortait bancal. On ne m'avait pas dit qu'il arriverait comme ça, pour partir aussi vite, théière entre les bras. Hier matin il a neigé, comme dans mes rêves, pour conclure cette histoire qui  bien evidemment, n'en est toujours pas une. Maintenant faut voir les choses en face ou bien sur le côté, peut-être en faire le tour, je ne sais pas vraiment mais va alloir se relever d'être tombé dans la marre aux bonheurs, au risque de s'y noyer, mais s'il n'y avait que ça.


On a été sages, les vacances sont terminées, Maman est venue s'assoir à la table du père et de sa nouvelle vie, et rien ne récompense jamais ce genre de choses, on se dit que ça va changer, mais c'est toujours dans le même ordre que les jours viennent se soustraire aux autres, on croit, on a tellement cru, et je vois bien. Le petit bonhomme aux yeux ridés par le pouvoir atroce de son costard ridicule tire encore les ficelles, les cordes de pendus d'un peuple qui se veux mien, l'Hexagone est gerbant alors dis moi Maman, c'est quand qu'on s'arrache d'ici, qu'on s'arrache le coeur, c'est quand qu'on va voir ailleurs. J'ai bien trop mal au corps et je veux plus rien faire d'autre qu'un doigt au décor, envoyer en enfer un monde qui vaux de l'or, c'est l'ironie tragique qui rend aveugle les jolis yeux, et qui empèche la liberté de respirer correctement. On ne m'avait pas dit que la vie ressemblerait autant à une blague carambar dont il manquerait la fin.

Allez sale gosse, capitaine à la con vas-y ferme les yeux, prend tout ce que tu peux pour fuir, même si c'est dangereux trouve le moyen de rire, t'as promis de tenir. T'as promis d'être honnète même si tu manque d'exemple, ici y'a plus grand chose pour réparer les ponts, plus personne au pavé, plus de révolutions. T'as promis de refaire le monde, d'en faire un autre qui fonctionnerait, allez sale gosse tu dois faire tenir ton chateau de cartes et tu dois même créer les tempètes qui tenteront de le détruire, t'as promis à personne mais t'as promis quand même, de te refaire le monde et que ça marche ailleurs. Si c'est le moment ou non j'en sais rien, toi non plus, doit bien y'avoir au coin des rues de l'amour qui transpire et pue, il faut le prendre ou bien se pendre, faut l'importer dans les méandres d'un monde qui saura s'en servir, trouve de l'amour dans tes sourires.

Sur les comptoires et dans les appartements dérisoires, on voit de la lumière est c'est ici que tout est simple, chez ceux qui boivent et se retrouvent, chez ceux qui parlent et parlent jusqu'au petit matin, c'est ici que la vie se fait reine dans l'ombre de ceux qu'elle quitte. Fais quelque chose putain, tu vas pas rester là je peux te l'assurer, tu vas pas rester là, à mal aimer la vie, à plus savoir écrire, je peux te l'assurer, tu vas te relever ou j'te foutrais des claques. Ca serait plus simple, c'est vrai, d'avoir l'écho de ta voix dans la silhouette d'un autre, ca serait plus simple c'est vrai d'être deux pour courir, mais va falloir t'y faire le monde est trop ingrat pour lui donner ta main et croire que ça ira. Allez sale gosse faut t'endurcire encore, t'es pas au bon endroit et pourtant t'as la chance d'être en vie, d'y voir clair, tes rêves collent au plafond t'as plus qu'à sauter haut, allez sale gosse, t'as promis à toi même, t'as promis à ton monde que c'est beau quand on s'haime.

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05 janvier 2009

Pas m'en vouloir.

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Tu vois c'est drole, c'est tellement drôle que j'en ai mal aux côtes, j'ai tout autant de rôles que de potes. Allez viens on s'en branle, j'ai compris, qu'on ne doit pas s'attendre à saluer toutes les vies. Que pour chaque vieillard qui meurt c'est un enfant qui nait, que c'est peut-être pour ça qu'ils pleurent, dès qu'ils peuvent respirer.

L'année nouvelle est ravie de vous présenter la troupe d'illuminés, ravie de vous balancer au visage ses sourires d'arrachés, ravie d'embrasser les inconnus sur un quai de gare, et ce type qui ressemble à Sémour, moi je l'embarque, allez viens, on t'emmène en teuf, y'a pas d'âge pour rater son train, allez viens. La troupe se constitue de tous ces gens qui sont tellement pas des gens, que des fois, j'en chialerai bien d'extase. Les dreads blondes, c'est ma pote, le chapeau, pareil, et celle-là, c'est ma préférée, et lui je suis contente qu'il soit là, et celui qui est petit, si tu le touches, je fous des claques. On se plaint toujours que la vie s'ennuie, et là, sortie de nulle part, l'aventure vous tombe dessus, poings serrés, capuche baissée. La compagnie des bombes lacrymogènes vous souhaitent une bonne année, minuit passée. Y'a des coups de poings qui valsent, et des pupilles qui pleurent, des cotillons qui roulent au sol dans la pisse et l'alcool, parce que c'est ça, la vie. En sortant du wagon, j'avais tellement peur, tellement bonheur, pourtant on était là dans une gare à la noix et sur un quai desert, toi tu cachais ton oeil qui se faisait beurre noir, et t'avais tout perdu, tu riais aux éclats, on était saints et sauf, sauf quoi, sauf rien, on était là, putain. Vous avez commandé une entrée fracassante? Vous êtes servis. Et moi qui voulais sursauter, oh putain, si j'avais su, j'aurais revenu.  On envois au placard les sérieusités du trottoir, puisqu'on est là pour boire j'ai des potions magiques dans le tiroir, et voilà.

T'es beau parce que tu veux courir plus vite que le vent lui même, t'es beau parce que tu prends feu quand je prend les rouges et les jeux, parce que j'y crois, parce que tant pis, et parce qu'on a la classe vu d'ici. T'es beau comme un sens interdit alors je passe ma langue sur mes lèvres assechées, tu m'imploses d'arnaques et de vie, alors à quoi je m'attendais ? Tu pourrais t'appeler Vacances ça me surprendrait pas. C'est beau, parce que j'avais oublié ce que c'était de vivre, j'avais mis les coeurs en dérive et maintenant, je comprends. Ahem, raclement de gorge et d'espoir, j'ai pris une décision décisive et dérisoire puisqu'à partir de dès ce soir, à Mille-Pourpre il y aura de l'amour. C'est beau. De sentir son sang battre aux tempes, de devenir fous de la rampe, c'est beau parce que c'est pas prévu, comme une comète qui m'tombe dessus, c'est beau parce que c'est pas possible de tirer au centre d'une cible, et que si ça l'était, on s'emmerderait. C'est beau parce qu'on est sur de rien, quand on se tient la main, et que ça rime bien mieux avec demain, qu'avec hier. C'est beau parce que j'ai des clopes, c'est beau parce que j'ai encore  les viscères en vrac d'avoir vider mon sac, pour mieux partir demain avec mes souvenirs comme seuls copains ouais, c'est beau putain, parce que ça s'arrète, parce que ça commence, c'est comme réussir l'examen des cinq sens. C'est beau parce que c'est toi, c'est moi, beau parce que t'es pas là, et moi plus loin encore, c'est beau comme un navire qui rentre au port, qui veux rien dire mais qui s'en sort. 

Je me suis rendormie pour te laisser partir et pour laisser la neige et l'absence m'envahir, maintenant voilà. Je fume une clope, besoin de rien, je me sens bien, bien, bien, tant pis si ça dure pas j'ai du soleil au bout des doigts, et des croques monsieurs dans la tête, t'y crois pas. C'est la grande roue, c'est faire l'amour en apesenteur, contre le mur brisé de mes peurs lamentables venues se lamenter sur le coin de la table, c'est la grande roue, la montgolfière, le space-montain, la renaissance, l'art baroque, c'est vive le feu d'hiver et les sourcils d'été, du grand n'importe quoi, et si la vie c'est toi alors vas-y, mords moi. Le reste on en reparlera.


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29 décembre 2008

What for.

Child_girl

C'est beau mais je ne sais pas ou ça nous traine mais oui c'est beau, tous ces rideaux tirés sur des routes barrées, toutes ces histoires finies aux pantins sans surprises, c'est beau c'est vrai, comme une liste de courses ou tout serait barré, comme un sourire pincé mais satisfait, moi j'ai encore raté c'est quelque chose qui m'arrive souvent. J'ai fais le bilan, calmement, comme dans les tubes, pas de peinture, sauf sur mes doigts, les conçus pour partir sont heureux de vous présenter : La vie.

Des sourire déteminés s'essuient les pieds sur mon paillasson, un conseil pour la suite serait de ne pas baisser les yeux face aux putains, ça vous poignarde et ça vous borde, ça vous souhaite de beaux rêves, ça repart assassin et tout sourire, c'est vous, c'est moi, ça frise l'imperfection. Souhaitons nous bonne chance, à présent, on peut y arriver, il suffit de conjuger les bons verbes. Tous ces fous rires en valent la peine, on peut marcher plus loin encore, dans des directions opposées. La dernière image de vous, à quoi devrait-elle ressembler? La mienne, si je peux choisir, c'est une porte qui claque et une cinquantaine de post-it, et surtout, pas de générique, oubliez de suite la gloire et la pitié d'un nom en tête d'affiche, la vraie vie est ailleurs. Certainement pas dans les soirées à thème, ni dans les verres en crystal, mais plus loin encore, dans le palpitant de la terre en fusion, dans les globules bleus d'un sang noir qui court vite, dans l'explosion monumentale de nos cinq sens, dans les pores de la peau et dans les navires qui s'y amarrent. Je dis ça, pour tous les mômes de divorcés, pour toutes les mal baisées, je dis ça, pour les endoctrinés de base, pour ceux qu'on a laché en pleine jungle, je dis ça pour les solitaires, les rêveurs qui se taisent, pour tous les immobiles, pour ceux qui ne savent plus mettre un pied devant l'autre et qui jouissent lorsque le soleil les caresse, je dis ça pour le mal et pour l'heureux, je suis là de passage c'est pas pour être sage, je dis ça pour les cerveaux en cage.

On passe parfois deux heures à écouter les jamaïcains de Londres faire des miracles de leurs voix, et les vynils crépitent, je viens ici pour pas penser aux histoires de famille qui pèsent lourd dans mon sac à dos, j'aime bien ici, elle me montre ses dernières oeuvres, on tire trois latte chacune sur nos journées d'artistes, on rêve qu'un jour les rêves soient plus des rêves, on fait la liste noire de tous ceux qu'on taperait bien dessus, et dans l'ensemble on fait n'importe quoi, et dans l'ensemble on le fait bien. Tu vois, il y a certaines choses qui ne dépendent pas de nous, la cohérence n'en fait pas partie, l'accomplissement non plus, tu vois, mathématiquement, c'est possible. Il y a des choses dont je ne parle plus, Mille-Pourpre me tient tellement chaud que je ne sais plus quoi en dire, je m'en veux parfois d'imaginer le mélange des substances, j'aimerai tellement que ça arrive, mais oh, je ne sais plus trop. Des brouillons de plans au crayon trainent sur les bureaux poussiereux de l'imaginaire, on construit des machines qui briseraient les murs, on mélange tous nos alambics,  l'odeur du pain grillé avec la couleur d'un souvenir, on se dit pourquoi pas, et je donnerai n'importe quoi pour qu'on me surprenne, pour un toc-toc à la fenêtre au milieu de mes nuits, n'importe quoi, pour un "je suis revenu", n'importe quoi pour un bouquet de fleurs mortes, une lettre anonyme, un explosif dans du ruban rouge, je donnerais n'importe quoi, pour sursauter.

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26 décembre 2008

[ Noël. ]

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La plus belle et la plus silencieuse, elle a presque un siècle d'âge, et c'est vrai que personne n'écoute ce que ses pauvres mains racontent. C'est elle ma préférée.

Cette année, les familles s'éclatent, se recomposent et puis s'étalent, alors on se retrouve là-bas dans la maison qui doit valoir beaucoup de pognon, et je ne sais pas comment ils font, mais ils y arrivent.

La nappe est blanche, les bougies s'éclatent en lumières tendres et chaleureuses, ils sont beaux, ils sourient, et vraiment je ne sais pas comment ils font pour faire sortir autant de sombres oiseaux de leurs bouches alors même que leurs dents mastiquent la délicieuse viande grasse et rose qu'ils étalent sur leurs tartines. Je ne comprends pas.

Tu vois, je suis la fille de ce type, le mauvais exemple, je suis la fille du tueur de chiens, la fille du type qui part, et la nappe est blanche, et Clochette ma soeur serre les lèvres, et c'est Noël.

J'ai bien peur de ne jamais grandir, j'ai la révolte puérile et la gachette facile, je finis vite par mépriser tout le monde quand ça parle politique en croquant du cadavre, ca postillonne toujours sur la dinde aux marrons, alors je m'arrète aux détails.

Entre les épines du sapin j'analyse l'odeur d'étoile et d'écorce, j'enregistre le scintillement d'une boule rouge et or, je souris devant la buche, et je sors pour fumer.

Dans les rues y'a des magiciens, des mendiants aux yeux d'étoiles, et des promesses baclées qui passent sous leurs pifs enrhummés. Je serais ce pirate qui danse entre les murs.

J'ai mal au monde mais ça se fête, je ne dirais jamais que demain j'arrête, parce que la vie est belle et qu'on ne peut pas voler sans elle.

Mes pantins cohérents dansent et chantent, j'enregistre le bruit froissé du papier cadeau qu'on déchire, l'ambiance sucrée salée d'un jour qui n'est ni mieux ni pire.

Dans la voiture du chemin inverse je laisse tomber ma tête sur l'épaule de Clochette ma soeur et je lui dis chante moi Milo. Alors elle me chante Milo, la buée sur les vitre fait palir la nuit noire, elle chante Barbara, elle chante Brassens, et avant de m'endormir, je lui demande chante moi papa, alors elle chante l'histoire d'une petite cuillère qui venge notre sang de poétes maudits. Je m'endors dans un sourire, et c'est noël.

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24 décembre 2008

Miettes.

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Lorsque ma roulée se consumme sans s'éteindre, ou encore. Reconnaître la respiration d'un des miens, lorsqu'il dort. Simplement, marcher en équilibre sur le bord du trottoire sans dépasser, doucement, voler de ville en ville pour chercher l'inavoué. Le fait est, qu'il n'y a rien de plus vrai que ce qu'on ne dit pas, alors viens coudre ma paupière du haut, sur ma lèvre du bas. Lorsque nous sommes ensemble, nous devenons capable de mettre l'été à la place de l'hiver, c'est quelque chose qui n'a pas de prix puisque finalement, c'est une façon comme une autre d'être Dieu.

Je retrouve au fond de mon sac le souvenir froissé d'un café crème, l'addition déchirée des sourires que l'on sème. Les bulles du coca-cola s'échappent du goulot de plastique comme des gamins qui sortent de l'école à seize heure, ma vie est une ritournelle mécanique, qui tourne autours du coeur. Alors, cent fois je me suis déguisé, le corps, pour pas tomber. Aujourd'hui je peux rire, surtout de moi, à cause de toi, plutôt de ça.

Milo comme traitement de substitution, matin, midi, et soir. J'apprends à construire des cabanes de bétises, Jama déclare des guerres de plus en plus froides, je ne sais plus qui gagne et qui perd, je lui ai laissé ma théière. J'ai trouvé qu'elle avait sa place, bien au chaud sous les plumes du mal en personne, puisque finalement. Lorsque je détourne les yeux, les étoiles ne s'en vont pas, tu sais, elles restent.

Lorsque les filles ne veulent plus être des filles, ou lorsque ma mère passe à coté de moi et que je sens son odeur de maison humaine. Lorsque brisée par l'engrenage des jours l'enfance se transforme en amour, le corps tréssaute comme un sèche-cheveux en fin de vie. J'entends au loin des voix sur qui je peux compter, la mélodie d'un cirque noir qui boite encore quelque part dans mes rêves, j'ai les machoires sérrées par l'envie curieuse d'aller loin, et je garde en pupille la cicatrice amère de monsieur l'univers.

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19 décembre 2008

Pierre de pute et temps qui passe.

Trojan

BOWEM

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L'album orange et bleu traine sur la table comme un souvenir qui refuse de partir, et c'est trés bien comme ça. En écoutant ce qu'ils ont fait avec ces quelques mots, je me sens comète, je me sens capable, et croyez-moi, ça n'a pas de prix. Le temps passe, je refusais pourtant d'y croire, mais il se trouve qu'on va grandir, comme des cons. J'envisage les différents chemins à prendre tout en sachant que je prendrais forcément le mauvais, et puis tant pis. J'ai les rires d'une gamine invisible dans la tête, j'ai un amoureux qui n'existe pas et que j'enlace en secret pour m'endormir, j'ai pas de remords ni regrets, je pourrais presque, mourir demain.

Le lundi, j'ai toujours envie de renaitre. Le mardi je n'y crois déjà plus. Le mercredi c'est petit bar, avec les anciens, les nouveaux. Le jeudi je sèche les cours et fume des joints. Le vendredi c'est bateau ivre entre gonzesses. Le samedi c'est liberté, et le dimanche prise de conscience. La gueule de l'emploi du temps, ça donne envie d'inventer des jours nouveaux. Et pour vous, c'est comment ? Pour moi ça ne sufit pas, ça ne suffit jamais, alors j'invente. Une nouvelle fille, un nouveau danger, elle s'appelle Limonade et je ne sais pas encore ce que je vais en faire. A la fin de ma vie, il faudra bien plus d'un cercueil pour enterrer ce que je suis, ce que nous sommes. Je vous fais peur? J'avais compris. La pute de l'administration, je lui dis oh c'est drole, votre vernis à ongles transparent est assorti à votre cerveau, et on me claque la porte au bonnet. La Bird dit qu'on devrait peut-être arrêter d'être aussi rebelles et sournoises, et puis finalement non. Ma révolte n'est pas féconde mais fait bander les gamins, comme ils disent. Moi, ça va surtout me trainer à la tombe, ces conneries. La grammaire et la littérature ne veulent pas de moi, et je réponds  Barbarie à tous leurs conseils. J'apprends rien, je suis petite conne, enchantée, au jasmin.

J'avais peur des acquis et des posséssions, aujourd'hui je me rends compte. Dans certains contextes il est bon de savoir que les choses sont conquises et qu'elles ne changeront plus jamais. Je pense à vous en disant ça. Y'a des chants de Noël dans les rues, et j'essaye de me rappeler qui a tué le père Noël. Quand je pense à toi, je chante : Tu n'feras plus la pute si j'ai un micro. On croit qu'on arrivera jamais à passer à autre chose : On se plante. Les vacances sont enfin là et je crève d'envie de prendre la route avec eux, peu importe ou on va. Une fois que tout le monde aura ouvert ses cadeaux, j'irais à Eurodisney pour présenter Brune et Coline à la piraterie, comme un héritage essentiel.

La piraterie parce que c'est une évidence, parce qu'il n'y a qu'un seul drapeau que j'accepte. La piraterie comme langage de survie, comme mécanisme physique et mental, comme un destin tragique. J'ai pris sa physionomie, son langage barbare, j'ai pris ses tics et ses batailles, j'ai bu son rhum et conduis ses navires, la piraterie au réveil, pour être digne du sommeil.

[ A l'affiche : Soom, la Bird, Fio, Beber, Erika. ] 

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14 décembre 2008

Bons baisers de Neverland.

Ca_va

Ca m'a tant bouffé la cervelle.

J'arrète. Je retourne le miroir et le jette aux égouts, il flotte contre vents et mégots, c'est terminé. Il y avait cette folie froide qui avait rongé mon ventre, il fallait faire en sorte que tout ça disparaisse, toutes ces choses qui ressemblaient à la Nausée, il fallait chercher d'ou elles prenaient naissance et les détruire. J'arrète.

Je résilie tous mes contrats, j'ai trop attendu, et maintenant le réveil doit sonner, ensuite je pourrais le tremper dans mon café noir, et le manger. Je vois bien, juste à côté de mes pieds je vois bien le goufre, l'immensité moelleuse, comme une glace au néant, avec coulis d'absurdité, je le vois bien mais je refuse de perdre l'équilibre, je vais marcher comme dans les chansons, ça m'a tant bouffé la cervelle.

Crève mon corps et mon reste, je garderais la tête, je veux sentir le vent, serrer les poings, j'ai le coeur teint en noir, plié en huit, dans un tiroir. C'est pas moi qui le dis. J'ai envie de vous regarder, dans les yeux, y rester quelques temps et vous avouer enfin que ma plus belle histoire c'est vous. Fantomes. Collabos. Peuple. C'est une sensation qui ne dure qu'un instant, c'est pour elle que je me réveille, elle ressemble à l'amour mais elle vaut bien moins que ça, j'ai envie de vous le dire, mais je ne sais pas le faire, à cause que j'ai compris, que les étoiles, sont faites pour mourir, à cause que, quand j'ouvre la bouche, tout ce qui brillait, s'éteint. J'ai peur de ressembler à la mort à chaque fois que le thé se met  bouillir.

Si je devais être un super-héros, je veux être celui qui sauve les meubles, tant qu'il est encore temps. Je veux dire, celui qui se rend compte de ce qu'il a, et qui se bat pour que ça tienne, celui qui fout des baffes à l'avenir. Je sais qu'il y a des gens qui ne rêvent pas d'avoir, mais de garder, et pour le coup, je veux en être.

J'arrète de monter la garde pour du silence, si toi t'es quelqu'un de seul, je serais la solitude. Il fait froid, et j'ai compris que j'allais devoir accepter de faire partie de cette race grinçante et déchirée qu'est la notre, et que ça ne serait pas si compliqué. Il m'arrivait même de vous trouver beaux, des fois. De dos. La nuit. Les yeux fermés. J'écoute le bruit de la canette qui s'ouvre et de la pluie sur le carreau, pour noêl je vous offre ma vie, à moitié prix au rayon fantaisies.

Posté par salefee à 15:47 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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